Junes Davis

Chroniques

Pourquoi les juifs amerloques fêtent le Thanksgiving ?


À la base, je devais vous raconter en détail, le moment « Ooooh » de la semaine dernière, quand j’ai eu la fausse bonne idée d’emmener ma sœur voir une pièce de théâtre Off-Broadway.
C’est quoi une pièce de théâtre off-Broadway ?
Ce sont des productions indépendantes, qui veulent se libérer de l’orientation trop commerciales que proposent généralement les shows de Broadway, type : Aladdin, le Roi Lion, Wicked, Chicago et compagnie, où tu en as plein la vue ! Si tu sors avec l’impression d’avoir la tête dans un étau, pour cause de plus de deux heures trente de musique ultra forte, et de costumes à te couper le souffle, c’est que tu en as eu pour ton argent.
En gros, quand on va voir une « pièce » off-Broadway, c’est censé être un peu plus intellectuel, plus artiste, quoi !
D’ailleurs, j’étais comme une folle quand j’ai vu qu’« Harry Potter and the Cursed Child » allait jouer en mai prochain, sauf qu’à 1800 dollars la place, même si j’aime de tout mon cœur Harry et J.K., c’est clairement off-budget !
Bref, donc Reb’ et moi sommes, samedi soir dernier, en plein Times Square, avec nos tickets en main pour M. Butterly, avec Clive Owen (l’acteur qui a une filmographie aussi longue qu’un rouleau de papier toilette), et c’est en toute insouciance, que nous prenons place à deux rangées de la scène. (Détail important).
S’ensuit un démarrage avec un monologue de Mister O. de plus dix-huit minutes, où l’on ne comprend rien. On enchaine sur une histoire des plus étranges, avec un homme qui se fait passer pour une femme, mais en fait, non, c’est une femme qui se fait passer pour un homme, pour qu’au final, on n’en sache fichtrement rien.
Tout ça se déroule en Chine, pendant la révolution de je sais pas quoi, quand soudain une dame arrive, et se déshabille direct sur scène :
– Ah… bon… bah…ok.
On attend que ça se passe, mi- choquées, mi-on s’en fiche, pour la voir se rhabiller aussi sec. Nous voilà reparties pour une heure et demie de prise de tête et de temps. Par malheur, j’ai eu le malheur d’avoir eu envie d’envoyer un texto à ma sœur, pour lui demander si elle voulait qu’on se tire ou pas, mais à peine j’avais sorti mon phone de mon sac, que j’avais les quatre rangées du devant et les huit rangées de derrière qui m’étaient tombées dessus, en me criant :
– Oh ! Eh ! Non mais ça ne va pas ? Rangez ça ! RANGEZ ÇA ! RANGEZZZZZ-ÇA ! SECURITÉ !!!!!!!!!
– OK ! Relax, détendez-vous, je le range, c’est bon.
Coincée, j’attends que ça se passe, en essayant péniblement de suivre ce qui se déroule sous mes yeux. Ce qui permet de me dire qu’il est indéniable que le Clive est un acteur en or.
Et puis d’un coup, arrive le moment où l’on va enfin savoir si l’homme est une femme, ou si la femme est un homme (ils nous ont tués !). Toute la salle était tendue, pas une mouche ne volait, car pour répondre à notre question : il/elle enlève TOUS ses vêtements.
– Ah !
Et là… je souffle à Rebecca :
– C’est bizarre, je vois pas bien !
Reb’ me tire par la perruque et me dit :
– Et là tu vois mieux, bigleuse.
– (Re) Ah……….!
Alors que toute la salle est concentrée comme jamais, nous voilà comme deux gamines qui ne savent vraiment pas ce qu’elles font là, en train de rire comme des folles, à se mettre sous la chaise. Les gens avaient juste envie de nous fusiller, même Clive s’était légèrement tourné vers nous.
C’est là que tu te rends compte que, où que tu sois dans ce monde, peu importe ton âge, si par hasard l’envie te prenait de te la jouer « Bobo, artiste, intello ! « Oui, moi je vais voir des pièces artistiques, messieurs, dames », il y aura toujours la petite feuj de Sinaï/Yabné/Lucien/Otzar et j’en passe, qui sommeillera en toi pour te dire :
– Mais qu’est ce tu fous là, ma grosse ! Rentre chez toi, va me faire quelques Tehilims, mieux pour toi, va !
Conclusion : N’emmenez pas Rebecca avec vous. Lol ! La fille qui a rien compris. Nan, pour la next time, je vais juste me renseigner à l’avance, au lieu d’écouter un vendeur de tickets qui dit que tout est à peu près : Awesome ! Amazing ! Fantastic !
Mais revenons à notre dinde que je vais cuisiner dès jeudi matin :
Est-ce que Thanksgiving est une fête païenne, ou religieuse ? Et pourquoi TOUT le peuple américain la célèbre.…
Historiquement parlant, Thanksgiving était un jour de fête dans les sociétés européennes paysannes, durant lequel on remerciait D. par des réjouissances, pour les bonheurs que les colons avaient pu recevoir pendant l’année. Pour faire simple, c’était pour remercier D. de ne pas avoir abandonné le peuple dans une famine certaine. Cette journée est simplement consacrée à la famille et aux remerciements, donc aucune connotation religieuse à l’horizon !
D’ailleurs, durant les semaines qui précèdent Thanksgiving, la plupart des maitresses d’école demandent aux enfants de dessiner ou d’écrire, sur quel sujet, ils veulent remercier D. :
Fifille 1 nous a tous dessiné, et a mis en légende : « Merci d’être juive ».
Mon fils a un fait un poème avec pour titre : « Merci D. d’avoir une PlayStation ! »
Ce qui est un peu la honte suprême, pour nous, les parents !
Et Fifille 2 : « Merci d’avoir des chaussures qui s’allument quand je marche. »
Vu la réponse de mes enfants, mieux vaut ne pas trop trainer devant un cabinet de thérapie familiale, parce que je sens qu’il y aura du boulot.
Anyway, si personnellement, j’ai du mal à supporter les fêtes (et les pièces de théâtre) à tendance trop commerciale, c’est parce que j’ai la vague sensation que l’on nous prend, nous, les consommateurs, pour des dindes. Cependant, je n’associe pas ce sentiment à ce jour parce que c’est trop sympa, et cela à une conotation bienveillante.
Après, est-ce que nous, en tant que juifs, nous avons attendu George Washington, John Adams, James Madison, qui ont perpétué cette tradition, pour se réunir en famille et manger de la volaille ? Euh… non, pas du tout !
Nous avons Chabbat, qui a été créé avant même la création du monde, tant c’est la base d’une famille, pour prendre le temps de manger ensemble, qui réunit les cœurs, et de dire merci à Hashem en mode open-bar. Du coup, c’est un peu la routine pour nous, mais comme il y a aussi le match spécial Thanksgiving qui passe à la télé, et que personne ne bosse, autant faire une dinde avec de la sauce canneberge, et manger de bon appétit !
Je vous embrasse, et vous retrouve lundi avec un nouvel article.
Happy Thanksgiving et Chabbat Chalom.
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Exemple de Menu que l’on retrouve souvent sur les tables amerloques :
– La dinde (la star du jour !), farcie ou non.
– Des patates douces, très bon quand on les passe au four pendant 30 minutes à 280 degrés.
– Sauce de canneberges, qui est faite à base de cranberries, pour accompagner la dindounette, qui peut être un peu sèche.
– Tartes aux pommes, aux noix de pécan, patates douces, au potiron.
Bisous doux.

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