Junes Davis

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Hommage à Ilan Halimi

Depuis pas mal de mois, j’écris des articles pour le journal papier Nitsot. Lorsque Débo nous a donné comme sujet Ilan Halimi, je me suis rendue compte qu’après 14 ans, son souvenir était toujours bien présent dans nos esprits. On peut se demander en quoi sa mort a quelque chose de si marquante ? Dans notre histoire, malheureusement, Ilan n’est pas un cas isolé. Il n’est pas le seul parti « parce que juif ». Pourquoi la simple évocation de son nom, nous donne encore des frissons, comme si la plaie était encore à vif. Je me souviens qu’à cette époque, beaucoup de porteurs de T-shirt Replay travaillaient dans la téléphonie, dans le quartier du 11e arrondissement de Paris. C’était notre cousin, notre frère, notre ami, un copain, une connaissance. Avant Janvier 2006, nous étions encore aimés, acceptés, tolérés par nos compatriotes mais surtout insouciants. Porter la Kippa dans leur magasin de réparation de téléphone ou aller sur « les Champs » pour envahir le Häagen-Dazs était banal ! Les mots insécurité-terrorisme-kidnapping n’étaient pas encore la première chose à laquelle nous pensions lors de ces rassemblements improvisés. Et puis, il y a eu l’affaire Ilan Halimi et tout à changer. Tel une piqure de rappel, la guerre contre les juifs n’a jamais vraiment fini. Elle était juste devenue moins visible, plus subtile, plus vicieuse. Désormais, on avait compris que la menace était là, dehors, partout ! Avec le risque de se faire agresser n’importe où, à coup du très triste célèbre « sale juif ». Pourtant nous ne sommes en rien plus sales que les autres. Nous sommes seulement « pas les autres », comme le chantait Céline sur son tabouret, avec sa poupée vaudou à la main.

Après la tragédie d’Ilan, nous étions prévenus, à l’avenir il ne fallait « que compter » sur notre D. La France ne pouvait plus assurer la protection de ses juifs. Elle était comme dépassée.

Quand on pense que la police avait eu 21 jours pour agir et qu’elle n’a rien pu faire pour le sauver. Faute de moyens, d’instinct, de refus de croire au kidnapping juste parce que juif, c’était impensable ! La tête pensante du gang des barbares avouera plus tard (je me refuse de noter son nom tant lui et sa bande de paumés, m’évoquent le dégoût.) que s’était bien pour cette raison qu’il l’avait choisi. Selon lui, tous les juifs étaient riches et auraient payé une rançon pour récupérer l’un des leurs. « Ils ne le laisseront pas crever, ils s’aiment trop entre eux pour ça » qu’il disait.

Au travers de ce cliché inventé par des déchets, l’immonde tueur avait raison sur un point : nous aimions Ilan sans avoir besoin de le connaitre. En cas d’épreuves, « nous les autres », on s’aime par défaut « juste parce que juif » et cela le monde entier le sait. N’attendons plus jamais qu’une épreuve arrive pour en être convaincue.

Pour conclure, le temps n’aura pas d’emprise sur notre vive émotion envers Ilan Halimi et sa famille car son sourire, son jean’s, et son foutu t-shirt Replay resteront gravés à jamais dans nos esprits de juifs français qui l’aimeront pour l’éternité.

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1 comment

Yael Galia 6 janvier 2020 at 6 06 14 01141

Bonjour chère Deborah.

Merci pour cet article. Oui la blessure reste toujours ouverte après 14 ans. Que le temps passe mais on se souviendra d Ilan de Sarah et de tous les autres BDE que leurs âmes reposent en paix ou reviennent pour une plus belle vie et meilleur destin.

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