Junes Davis

A la une Chroniques

Mon histoire personnelle avec le Rabbi.

À l’approche de Hannouka, je me suis dit que ce serait sympa de raconter une chronique sur le thème des miracles. Je me suis mise à noter les miracles qui me sont arrivés, et j’ai repensé à cette histoire que j’avais publié en 2016 : mon histoire personnelle avec le Rabbi. Pour l’ocas’, je l’ai réécrite et j’ai rajouté des trucs en . Je vous laisse la redécouvrir. Gros bisous.

Tout a commencé en 1957, avant l’avènement des Beatles, et avant l’assassinat du Président Kennedy… Ah mince, attendez, je me plante d’intro là, bon je la refais : lorsque j’avais dix ans, ma famille et moi, venons fraîchement de débarquer à Paris. Cette année-là, j’ai intégré pour la première fois de ma vie une école juive. En effet, mon père qui a été Rabbin en Normandie, a eu enfin la possibilité de revenir en région parisienne, nous offrant l’opportunité de fréquenter un établissement scolaire juif.
Quand j’ai atterri dans la classe de Mademoiselle Dubary (il y a des noms qui marquent. D’ailleurs j’ai appris qu’elle s’est mariée entre temps), maitresse du CM2, j’étais si contente, que je crois bien que j’ai réussi à me foutre l’œil toute seule. Quelques semaines plus tard, un matin, je me suis réveillée avec une forte douleur au ventre. Mes parents qui bossaient tous les deux, m’ont quand même envoyée à l’école, me rassurant que ça allait me passer dans la journée. Je viens d’une époque où le seul trône que les enfants occupaient était celui des toilettes ! Je n’avais pas intérêt à faire des manières. Hélas plusieurs heures plus tard, j’eu été forcée de les appeler pour que l’un des deux vienne me chercher.
De retour à la maison, ma maman a appelé le médecin de famille pour qu’il vienne m’ausculter. Selon lui, je n’avais rien de préoccupant. Il me fallait simplement beaucoup de repos. Plus les jours passaient, et plus mon état s’empirait. Mes parents, très inquiets, ont pris la décision d’aller directement à l’hôpital, sans passer par la case docteur. Et là, catastrophe ! On leur annonce qu’il faut m’opérer de l’appendicite de toute urgence, car je frôlais la péritonite. Ne perdant pas une seconde, on me passait au bloc, et j’ai pu D. merci être sauvée à temps. Ça c’est pour la partie sympa de l’histoire ! Viens la partie moins sympa. Très tôt, j’ai découvert qu’il existe deux catégories de personnes : Les normaux & les chats noirs.

Les normaux : comme tout le monde, il leur arrive de subir des opérations de routine, ou d’accoucher. À peine quelques jours plus tard, tu les vois remis sur pied à jouer au golf, à faire du jet ski, ou à porter de la fonte comme si de rien n’était.

Et il y a les chats noirs : les chats noirs sont des personnes avec qui tu sais d’avance que cela va être une grosse galère. C’est comme récemment j’ai subi une biopsie (Thanks God tout va bien ! La fille qui raconte doublement sa vie!). En sommes, une opération banale qui dure 10 minutes et hop tu rentres chez toi après. Bah là, of course, vas-y que je tombe dans les pommes, avec masque à oxygène, que je reste en observation pendant 1/2 journée. Ne me voyant pas revenir, le mari s’est mis à fait des Téhilim comme jamais, et à se déchirer les fringues en essayant de trouver de la suie quelque part. Heureusement que le docteur a eu la présence d’esprit d’aller le voir pour le prévenir que tout allait très vite rentrer dans l’ordre. Bref, dans les deux histoires, à différentes temporalités, on m’a laissé rentrer chez moi, sauf que la première, deux jours plus tard, je retournais d’où je venais pour découvrir que pendant l’opération, j’avais chopé un abcès assez grave.
Je vous épargne les détails, mais en gros j’ai dû rester à peu près trois mois à l’hosto. Pendant des semaines, les docteurs ont mis tout en ordre, pour faire partir l’infection, mais rien ne fonctionnait et l’opération devenait inévitable…

La veille de mon opération, un ami Habbad de mon père, Rav Uzan, qui savait que j’étais hospitalisée depuis plusieurs semaines, lui a proposé de demander une bénédiction au Rabbi par fax (c’était la grande époque du fax !) pour que tout se passe bien. Mes parents pas loubavitch, mais pas fermés d’esprit, ont dit : allez-y, et c’est ce qu’il a fait. Le lendemain matin, jour de l’opération, sur le chemin qui m’amenait au bloc opératoire, le chirurgien a voulu par acquis de conscience me refaire des échographies, lui-même ne savait pas pourquoi il a été poussé à revérifier, et… miracle : l’abcès avait totalement disparu !
–Comment ça plus rien ? Avaient demandé mes parents lorsqu’ils ont vu mon lit et moi remonter dans ma chambre.
– Eh oui, on ne sait pas ni pourquoi ni comment, mais votre petite fille qui est remplie de Bétadine, prête à se faire ouvrir le ventre, est complètement guérie !
– Mais enfin, c’est impossible, cela fait des mois qu’il n’y a eu aucune amélioration !
– Je sais, c’est incompréhensible… Le chirurgien lui-même leur a expliqué que les médecins, tout cartésiens qu’ils sont, reconnaissent qu’ils ne sont que les instruments de D., et qu’il arrive que D. Lui-même guérisse le malade directement, sans que personne ne puisse fournir une explication rationnelle.

Voilà, comment je suis sortie de l’hôpital complètement rétablie. Il a fallu rattraper tout le retard scolaire que j’avais accumulé, chose que je n’ai jamais totalement réussi à faire durant ma courte scolarité (oh l’excuse à deux balles ! Comme les gens qui te sortent, je sais pas, on m’a jamais appris ! Bah apprend Dudu ! Avec tous les outils dont nous disposons, il n’est jamais trop tard !).

Il a fallu apprendre à remercier, tout d’abord D. évidemment, ensuite mes parents, puis Monsieur Uzan, et bien sûr, le Rabbi… Mais aussi, il a fallu rester toutes les récréations avec Mademoiselle Dubary pour qu’elle m’enseigne ce que j’avais loupé pendant mes longs mois d’absence. Lorsque je voyais à travers la fenêtre les autres enfants de mon âge s’amuser dans la cours de récré en toute insouciance, je me rappelle avoir compris quelque chose de fort : La vie ne tient qu’à un fil, et nous sommes tous des équilibristes qui devons tenir bon en trouvant des appuis, qui ne peuvent pas être matériels, car nous sommes constamment dans le vide. Si l’on regarde vers le bas, ce vide fait généralement peur, mais si l’on regarde vers le haut, nous savons que nous pouvons nous appuyer sur le spirituel pour avancer.

Je ne remercierai jamais assez le Rabbi, qui vielle sur nous, encore maintenant, pour avoir pris le temps de donner une Braha à une petite fille qu’il ne connaissait même pas !

Depuis que le virus nous ait tombé sur la tête, il a fallu s’adapter à tant de choses et à gérer les mauvaises nouvelles. Je ne vous cache pas que le mois dernier, pendant quelques jours, j’ai abandonné mon travail. « Tant pis, je ne vais pas me tuer la santé, c’est bon là. Je ne peux pas tout gérer. » Et puis, comme je peux pas aller en ce moment au 770, après avoir pris quelques jours de pause, j’ai ressenti le besoin de faire une Igoret kodech *.Après avoir noté sur une feuille mon état d’esprit, voilà la réponse.
–Nous attendons votre retour. Prenez le temps qu’il vous faut mais revenez. Le travail que vous faites est trop important pour la communauté et pour vous-même !

Après ce petit coup de pouce, le lendemain, j’étais devant mon ordi pour vous écrire.

Mes chers équilibristes, je vous souhaite une bonne santé, une réussite totale dans tout ce que vous entreprenez, je vous garanti qu’en ce mois de Kisslev beaucoup de miracles vont avoir lieu ! Je vous embrasse.

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