Junes Davis

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INSTAGRAM cet univers impitoyable

INSTAGRAM cet univers impitoyable

Quand j’étais petite j’avais un style qui était proche de Pierrot Gourmand, Jen et les hologrammes et Arlequin (le personnage, pas les livres !). J’adorais mélanger les styles et créer une tenue complètement décalée ! Ma mère qui rêvait de m’habiller en Jacadi /

C & A / Bonpoint avait souvent envie de s’étrangler au bout d’une tringle à rideaux chaque fois qu’elle me voyait sortir de ma chambre en criant « Tada ! ». Les esprits atypiques et innovateurs de la mode m’ont toujours fascinée. Je me souviens avec émotion de mon marchand de journaux qui me mettait toujours de côté mes magazines préférés comme Vogue and co que je ne pouvais m’offrir (la phrase de Cosette !). Avant l’avènement des réseaux, les gens s’accostaient facilement dans la rue et demandaient où on avait déniché telle ou telle pièce. Et puis, il y a eu Facebook avec ses postes, où tu pouvais commencer à partager en masse ce que tu voulais. Pendant des années, j’ai partagé mes looks sur des groupes dédiés à ça. Non pas pour envoyer le message : « T’as vu ma grosse comment je suis chanmée ! », mais plutôt « Regarde si tu mets ça avec ça, on ne va pas te conforme avec un sac de pommes de terre rissolées. ». Parfois c’était très sympa, et d’autres fois je me prenais des beignets de tomates vertes et des boulettes au cumin à la figure ! Et puis, il y a eu le grand Instagram ! Ou plutôt le monstre INSTAGRAM. L’appli qu’il faut nourrir de manière presque boulimique pour exister sinon l’algorithme te boude. Si tu partages des trucs cools, tu vas être suivis. Si tu n’attires pas assez de monde, tu te sens finis. D’ailleurs les marques l’ont bien compris puisqu’elles n’hésitent plus à utiliser les personnes dites influentes pour nous influencer !
Tardivement je m’y suis mise et faut avouer que c’est HYPER compliqué à comprendre et à développer. Entre les storys, les publis, les réels… Fiouff faut un manuel l’ami. Mais comme je suis du genre « attention femme acharnée », je me suis familiarisée avec l’outil, pris des cours et depuis je partage plein de looks, même si à la base on me connait plus pour mes C & B (Chroniques & Books !) qui n’a toujours rien à voir avec C&A. Ecrire reste un besoin vital. D’ailleurs je suis en train d’écrire sur le coup de l’émotion puisque je viens de me prendre un seau d’eau froide sur le cuir chevelu, avec la sensation de m’être fait percuter par l’iceberg du Titanic ! La fille qui n’exagère pas du tout ! En vrai, on vient de m’envoyer des captures d’écran qui proviennent d’un groupe où le sujet était de ma petite personne ou je me faisais D-E-F-O-N-C-E-R par rapport à ce que je propose sur Insta ! La personne a fait une erreur en me les envoyant et a effacé juste après ses messages. Manque de bol j’ai eu le temps de tout lire. Oups ! Mon D. les histoires de gamines… Certes Milady, c’est d’un ridicule… mais quand même, comment tu gères ce flot d’informations que tu as lu, vu et retenu !? Plusieurs options de réactions sont disponibles dans le catalogue de chez Sotheby’s !

Réaction numéro 1 : tu appelles directement l’auteur de la capture d’écran et tu demandes des explications. Oui la dame au fond propose 200 dollars aux enchères.
Réaction numéro 2 : Tu t’effondres en pleurs et tu casses ton téléphone en postillonnant : MEURS OBJET DU MAL ! Le monsieur du deuxième rang propose 300 billets. 
Réaction numéro 3 : tu prends la proposition de Jean-Pierre et tu appelles un/une ami(e)… la petite brune en tutu rose en propose 400. 400 une fois ! 400 deux fois ! 400 trois fois ! Adjugé vendu à Madame Davis.

J’ai appelé une personne qui n’allait pas en profiter pour me mettre encore plus bas de terre alors que question égo il baignait dans le sang. Tu sais très bien de qui je parle ! La copine qui te dit : « oui mais toi, t’es trop émotive ! » ou « mais toi de toute façon… », avec les phrases en suspens et les yeux qui se lèvent vers le ciel que t’as envie de massacrer à la tronçonneuse d’un coup sec. Moi je te parle de l’ami qui va vraiment t’écouter. Donc en reniflant dans mon masque, la copine que j’ai appelée m’a dit :
– Tu prends ce qu’on t’a dit et tu vas justement t’en servir car c’est ce que tu devais entendre ! C’est sûrement pour te mettre un coup de pied au derrière. T’en es où dans ton prochain bouquin ?
– Chapitre 12, mais vois-tu, contrairement à New York où j’étais une sorte de Raiponce version couscous à la ras el hanout, enfermé dans ma Trump Tower (oui, comme l’ex-président. Le building était à lui.), me laissant pousser les cheveux et la chansonnette dont mes voisins de chambre se seraient bien passés. À Paris, j’ai du mal à trouver mon rythme. En plus, ça prend vachement de temps tous ces trucs Insta. Et puis, j’accompagne quatre auteurs à réaliser leur rêve d’écrire un livre. Rajoute à ça la gestion des enfants, + le Roi du Maroc qui est en train de perdre dangereusement sa couronne. D’ailleurs quand je lui ai dit que j’en avais ras la couronne de son caractère, il m’a répondu qu’il en avait une autre en papier qui allait avec la galette des rois, son dessert préféré. No comment.
– Tu te débrouilles comme tu veux mais tu vas remonter tes manches. Tu vas t’asseoir à ta chaise et tu vas écrire, tout en continuant à partager ta passion pour les fringues.
– Mais j’ai ma formation sur les réseaux sociaux que je donne le 18 janvier (histoire que je donne tout mon savoir sur le sujet) à peaufiner.
– Génial mais je m’en fous ! Et tu vas finir ton huitième roman, et tracer ton chemin quitte à te mettre des œillères t’as compris ! ?
– Oui Madame !
– Allez bisous.
Je raccrochais avec l’envie de dessiner trois traits sur le visage pour me transformer en Amazonienne. Comment ai-je pu passer d’un état « je suis par terre et j’ai de la peine » à « mais je vais tout déchirer et tant pis si ça dérange ! ». Nos émotions hautes en couleurs fluent dans la journée. Il n’y a rien de figé et heureusement ! Alors si tu as un coup de mou, prends le conseil de Jean-Pierre et appelle un f-r-i-en-d-s qui va te secouer le cocotier parce qu’il t’aime ! Et comme Junes t’aime aussi si t’as besoin, écris-moi chou.


Je te fais de gros bisous et n’écoute que toi !

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